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Les réfugiés congolais recouvrent la parole avec Babbel

Posted on February 11, 2014 by

crisiÀ propos de notre bloggeuse : Crisi est une « historique » de Babbel où elle travaille depuis 2008 déjà. Il n’y a pas que dans le domaine professionnel qu’elle aime rencontrer des gens pour apprendre avec eux : elle a déjà visité 47 pays dont elle rapporte toujours, outre une collection de souvenirs douteux, également quelques mots de la langue locale. C’est ainsi qu’elle a appris qu’en luganda, l’autre langue officielle de l’Ouganda avec l’anglais, on se salue d’un « Ki kati ».

Que ce soit dans un pays riche ou pauvre, dans un petit village ou dans le tourbillon d’une métropole : il en faut peu pour élargir son horizon – un accès à Internet et le plaisir d’apprendre peuvent suffire par exemple. C’est ce que j’ai pu de nouveau constater l’année dernière en Ouganda. En février 2013, je suis partie pour un mois en Ouganda où j’ai rencontré, à Kampala, la capitale, Edmund Page du projet Xavier. Cette initiative et le projet affilié YARID (Young African Refugees for Integral Development) se sont donné pour mission d’offrir aux nombreux réfugiés de la ville un accès à l’éducation.

Pour la plupart venus du Congo voisin où les conflits sanglants se succèdent depuis 20 ans, ces réfugiés essaient de construire une nouvelle vie dans l’Ouganda pacifique. Menée pour le contrôle de l’exploitation des mines d’or, de diamants et des autres ressources minières du pays, cette guerre a déjà fait plus de cinq millions de morts et déplacé entre un et deux millions d’individus. Près de 50 000 d’entre eux vivent aujourd’hui à Kampala dans le dénuement, sans accès au logement, à la nourriture ou aux soins médicaux. Étudiants, commerçants, mères, infirmières ou enseignants, ils ont été chassés par les rebelles et se retrouvent aujourd’hui réfugiés dans un pays dont ils ne parlent pas la langue et où ils ne sont pas toujours accueillis à bras ouverts. À part avec les personnes partageant le même destin, il est ainsi difficile de communiquer, les Ougandais parlant l’anglais alors qu’au Congo c’est le français qui, à côté des langues locales, est langue officielle. À Kampala, travailler et prendre part à la vie publique implique d’avoir de bonnes connaissances en anglais.Bildschirmfoto 2014-02-03 um 15.30.21

Le projet YARID permet à certains des réfugiés de suivre gratuitement un cours d’anglais. Mais ces étudiants ont souvent du mal à se concentrer sur l’apprentissage, sans compter que le cours rassemble les débutants et apprenants de niveau avancé, soit souvent près de 70 personnes réunies dans une petite pièce. L’un des volontaires du projet est Robert qui a fui le Congo en 2008 et qui transmet aujourd’hui les compétences linguistiques qu’il a acquises en autodidacte à ceux qui l’ont suivi.

J’ai eu l’occasion d’assister Robert pendant une heure de cours. C’était vraiment génial parce que les étudiants, pour la plupart des adultes, étaient incroyablement zélés ! Mais cette petite heure a suffit à m’épuiser car il fallait vraiment lutter pour supporter le niveau sonore qui régnait dans la petite cabane en tôle ondulée qui sert de salle de cours. J’ai aussi trouvé très triste de ne pas être en mesure de mieux répondre aux différents niveaux de chaque élève – certains s’ennuyaient clairement alors que d’autres avaient beaucoup de mal à suivre le cours qui consiste principalement a écrire au tableau des phrases qui sont ensuite répétées en chœur par l’assemblée. Les femmes, surtout, sont très timides et n’osent pas intervenir ou poser des questions quand elles ne comprennent pas quelque chose.
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C’est après que mon hôte, Edmund, m’a montré la salle informatique du projet Xavier que m’est venue l’idée d’utiliser Babbel – des cours d’anglais sur ordinateur me semblaient pouvoir résoudre tous ces problèmes ! L’idée n’a d’abord eu qu’un succès mitigé : sur les douze vieilles bécanes de la salle informatique, seuls deux ordinateurs fonctionnaient correctement et la connexion internet était lente à s’arracher les cheveux. J’ai ajouté mon propre ordinateur portable et mis deux ou trois personnes par machine. La plupart des étudiants n’avaient encore jamais utilisé d’ordinateur et ils ont d’abord dû se familiariser avec la souris et le clavier. Mais une fois rendu sur le site Babbel, tout a parfaitement fonctionné : leçon après leçon, les mots de vocabulaire ont été appris, prononcés, écrits – jusqu’à ce qu’il faille fermer la salle pour la nuit.

Dgirlsans les jours qui ont suivi, j’ai à plusieurs reprises organisé un « Lady’s Day » et invité tout spécialement les femmes du cours d’anglais à poursuivre l’apprentissage l’après-midi dans la salle informatique. C’est ainsi que j’ai rencontré Fatou qui, à plus de 60 ans, était l’une des participantes les plus âgées du cours. Malgré quelques difficultés initiales avec le clavier, elle ne s’est pas découragée et a rapidement poster un message sur son compte Facebook pour appeler toutes les « Mamas » Bildschirmfoto 2014-02-03 um 16.53.55à suivre son exemple et à apprendre l’anglais. C’est voir à quel point Fatou et les autres femmes prenaient plaisir à apprendre sur ordinateur qui m’a convaincu de m’investir pour permettre aux réfugiés d’avoir un accès fiable aux cours Babbel.
De retour à Berlin, j’ai lancé au sein de Babbel et dans mon cercle d’amis un appel au don qui a rencontré un franc succès. J’ai donc été en mesure de retourner en Ouganda en novembre avec quelques ordinateurs portables, des haut-parleurs et un peu d’argent à investir dans une meilleure connexion Internet. J’ai montré au nouvel employé du projet Xavier, Alex, comment créer des comptes Babbel, utiliser les codes d’activation offerts et sélectionner des cours qui correspondent au niveau d’apprentissage des élèves. Depuis le début de l’année, Alex donne également des cours d’informatique réguliers dans lesquels il montre à ses participants, entre autres choses, comment utiliser Babbel.
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Les réfugiés du projet peuvent ainsi apprendre l’anglais avec leur propre compte, quand ils en ont le temps et tout en améliorant leurs compétences en informatique ce qui constitue également un avantage pour trouver un emploi. Chacun peut aller à son rythme et apprendre à parler et écrire l’anglais quel que soit son niveau initial.

Je suis heureuse que les réfugiés congolais de Kampala aient la possibilité, avec relativement peu d’efforts, d’améliorer leur situation et nous espérons que beaucoup d’entre eux seront bientôt intégrés dans la société ougandaise. Il suffit souvent d’un petit coup de pouce pour produire de grands effets. Ou, comme le dise les Ougandais de façon très pragmatique : « Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a vingt ans. Le deuxième meilleur moment c’est maintenant. »

L’apprentissage des langues dans toute sa diversité: babbel.com fête ses cinq ans

Posted on January 15, 2013 by

Lire cet article en Allemand (Deutsch), Anglais (English), Italien (Italiano), Espagnol (Español)

C’est fascinant ce que l’on peut faire de l’apprentissage des langues. De ce point de vue 2012 a été une année extrêmement créative et florissante, ce qui s’est traduit par une nomination en tant que meilleure Start-Up allemande aux Awards The Europas. Bien que toute l’équipe de Babbel regarde en principe sans crainte vers l’avenir, et n’hésite pas à regarder le futur dans les yeux, nous osons jeter un coup d’œil sur le passé, sur une année riche en évènements, durant laquelle vous, les utilisateurs de Babbel, avez joué un rôle primordial :

La plateforme babbel.com:

Il s’agit du changement le plus important avec 200 nouveaux cours, que l’équipe de rédaction a créé avec passion en seulement 12 mois. Cela représente maintenant pour vous utilisateurs, 6 300 heures de cours disponibles. Quand on pense que le 15 janvier 2008, nous avons débuté avec simplement un cours de vocabulaire pour 5 langues étrangères
De nombreux nouveaux formats de cours fêtent leurs création : des cours sur les modes de vie, des dictées, des cours sur le langage familier, tout comme un cours de dialectes allemands très amusant (issu de la langue des collaborateurs de Babbel).

Quel cours vous a plu le plus jusque-là ?

Nos tous nouveaux cours de langue turcs et néerlandais pour débutants ont enfin vu le jour (un souhait plusieurs fois évoqué par nos utilisateurs), le cours de polonais est en préparation. En février deux nouvelles langues apparaîtront très certainement : le danois et le norvégien.
Babbel a aussi beaucoup changé visuellement et les travaux de rénovation ne sont pas encore tout à fait terminés. Les pages Communauté proposent maintenant un design moderne et sont beaucoup plus claires. Les exercices de vocabulaires auront également prochainement un tout nouveau look. Mais pas d’inquiétude, nous restons fidèles au style « Babbel » que vous appréciez, clair et sans fioritures.

Le mobile :

2012 était une année faste pour notre équipe mobile : En février l’application pour IPad apparaît, en mars celle pour Android, en juin l’iBook pour Ipad, et en août celui pour Kindle. En octobre, c’est l’application pour Windows 8 qui se développe et pour la fin de l’année, le clou du spectacle, l’application pour iPad version 3.0, qui reprend tout le programme des cours, incluant la possibilité de synchroniser la version web avec celle de l’application. Au total, l’application Babbel aura été téléchargée environ 4.5 millions de fois. Il semblerait que nous ayons enfin répondu à votre attente d’avoir vos cours de langue sur smartphone.

Vous (les utilisateurs Babbel) :

Dans le monde entier vous êtes 10 millions d’utilisateurs Babbel sur ordinateur ou sur votre mobile/tablette. Cette évolution impressionnante est clairement explicable par le fait que Babbel est aujourd’hui disponible sur un nombre toujours plus important d’appareils avec des systèmes d’exploitation différents. Toujours plus de personnes peuvent et souhaitent apprendre les langues avec Babbel et ce, peu importe le moment ou l’endroit. Il est vrai que nous sommes très heureux de cette évolution constante des cours de langues, mais nous gardons en tête notre objectif, celui qui nous a fait commencer il y a cinq ans : faciliter l’apprentissage des langues sur Internet.

L’équipe (les babbeloniens):

Nous nous développons également en interne, au cœur de Kreuzberg. Nous avons la chance d’accueillir un nouveau visage au sein de l’équipe presque chaque semaine. De plus, nous sommes également (à la mi-janvier) 60 collaborateurs permanents. Etant donné que nous manquons de place dans nos bureaux actuels, nous déménageons début mai dans de nouveaux locaux, plus spacieux, toujours situés sur la Bergmannstrasse. Nous restons fidèles à notre quartier, car Kreuzberg nous rend heureux, dixit Markus, notre capitaine.

Un grand merci du fond du cœur à vous tous et tout particulièrement à tous ceux qui nous sont restés fidèles au fil des années !
Keep learning and growing !

Happy Fifth Birthday Babbel!

Nouveau cours d’espagnol familier : vous allez kiffer !

Posted on December 20, 2012 by

Ce post en Anglais (English), Allemand (Deutsch), Espagnol (Español), Italien(Italiano)

Relax, direct et décomplexé, le registre familier est l’enfant terrible de la langue. Mais quel plaisir de pouvoir dégainer dans sa langue maternelle ou de compléter l’interminable liste des synonymes pour le flouze, le fric, le pognon et autres briques !

Partir à la découverte des recoins les plus secrets d’une nouvelle langue est d’autant plus passionnant. Et quel pied que de couper le sifflet à un locuteur natif avec des connaissances linguistiques à tomber par terre.

Mais ce qui coule de source dans votre langue natale peut vite tourner à la prise de tête dans une langue étrangère. Comment exprimer des trucs tout simples du genre : « Oh la vache ! », « Cool » ou « Ça craint » ? Au début, c’est bien au sens littéral que les mots nous manquent !

Quand j’apprenais l’espagnol et que, pour la première fois, j’ai dit « Estoy tiesa » (« je suis fauchée ») au lieu de « No tengo dinero » (« Je n’ai pas d’argent ») j’étais non seulement heureuse comme un gosse mais même mes amis espagnols ne s’en remettaient pas et s’en sont donné à cœur joie en m’apprenant « Hicimos un fieston » (« on a fait la bringue ») et « ¿Tienes un resacón ? » (« T’as la gueule de bois ?»). Pas de doute, ça ne fait pas le même effet sur votre cercle d’amis que vous disiez « Anoche lo pasamos bomba y hoy estoy hecha polvo. » (« Hier je me suis éclatée et je suis complètement vannée » ) ou « Anoche hicimos una fiesta y hoy no estoy muy bien. » (Hier, nous avons fait une fête et je ne suis pas très en forme aujourd’hui).

Plus facile à dire qu’à faire ? Pour les utilisateurs Babbel, ce sera désormais une vraie partie de plaisir grâce au nouveau cours d’Espagnol familier décliné sur les thèmes de l’amour, la fête, la plage, les gens etc. L’équipe Babbel a comme toujours mis l’accent sur l’aspect ludique des leçons et sur l’authenticité des dialogues. Alors : foncez !

Frauke travaille au sein de la rédaction Babbel depuis avril 2012. Gestionnaire de projet, elle a créé entre autre le cours d’Espagnol familier. C’est à l’âge de vingt ans qu’elle a débarqué à Séville (Espagne) pour y tester les premiers mots et expressions d’espagnol qu’elle avait appris. C’est là qu’elle a découvert l’importance de maîtriser la « vraie » langue du pays.

En plus de ce cours, nous publions le 20 décembre les cours suivants :

Les Dialectes Allemands
Allemand Cours Débutant 6
Portugais Exercices de Répétition 1 (Nouvelle version)
Italien Exercices de Répétition 1 (Nouvelle version)
Néerlandais Cours Débutant 1
Français: Verlan (pour les apprenants français langue étrangère)

 

C’est avec Edith Piaf que tout a commencé : « Apprenez l’allemand en musique » – le making-of

Posted on May 8, 2012 by

Lire cet article en : Allemand (Deutsch), Anglais (English), Espagnol (Español), Italien (Italiano)

Katja Wilde, chef de projet chez Babbel, a une vision. Rattrapée par le souvenir des cours de français qu’elle a suivit à l’école, elle se retrouve dans la cuisine de son appartement berlinois à chanter à tue-tête « Non, rien de rien ». Elle chante certes comme une casserole – c’est peut-être le lieu qui veut ça – mais décide tout de même de s’enregistrer : elle a une idée !

Ce sont des choses qui arrivent lorsque vous travaillez chez Babbel. De l’extérieur, cela peut ressembler à de la folie douce – juste parce qu’il va de soi de marmonner des phrases cryptiques dans les transports en commun ou de transformer soudainement sa cuisine en studio d’enregistrement.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Mais revenons à Katja. Elle pense à la musique, aux exercices de compréhension et aux textes à trous. Elle se souvient surtout que, lorsqu’elle était elle-même élève, elle avait beaucoup plus de facilité et de plaisir à apprendre les langues par la musique, de manière intuitive plutôt que par le par cœur. Elle commence alors à décomposer la chanson et à imaginer le possible déroulement d’une leçon.

En parallèle, Babbel lance un sondage et demande à ses utilisateurs quelle est leur méthode d’apprentissage préférée. Les réponses confirment l’expérience de Katja que souligne également Miriam Plieninger, responsable éditoriale chez Babbel : « Que ce soit en chantant sous la douche, en écoutant de la musique en voiture ou dans une soirée karaoké entre amis : chanter dans une langue étrangère permet d’intégrer les structures de la langue sans s’en rendre compte et de comprendre le vocabulaire par le contexte. »

Après avoir décidé de sa mise en œuvre, le premier gros défi du cours « Apprenez l’allemand en musique » était de trouver la bande son appropriée. Il fallait qu’elle soit « libre de droit », avec une mélodie accrocheuse et que les textes soient adaptés au niveau linguistique et didactique. Le choix s’est ainsi porté sur huit chansons traditionnelles dont les paroles ont été passées au crible par Katja et la rédaction et dont certains passages ont été modernisés et simplifiés.

L’étape suivante a marqué l’entrée en scène de Christine Keck, comédienne, musicienne et voix off pour Babbel, qui a réarrangé et interprété les chansons. Elle a ainsi enregistré ces titres certes délicieux mais parfois quelque peu désuets (comme par exemple « Wenn ich ein Vöglein wär ») dans des versions acoustiques plus contemporaines.

L’équipe de rédaction a ensuite travaillé sur la traduction des paroles, sur les types d’exercices ainsi que leur ordre et a enfin extrait, nommé et chargé d’innombrables fragments sonores sur le serveur. Les développeurs Babbel ont quant à eux bûché sur la mise en œuvre technique complexe du nouveau format et en particulier sur sa composante karaoké.

Avec quatre mois de travail, la phase de production de ce nouveau cours a été significativement plus longue (et plus difficile) que pour les autres formats Babbel. Mais le jeu en valait la chandelle : les utilisateurs Babbel de langue maternelle anglaise, italienne, espagnole et française peuvent désormais apprendre l’allemand en musique et en s’amusant. Et si vous demandez à l’inspiratrice du nouveau concept si cela en valait la peine, Katja vous répondra à tue-tête « Je ne regrette rien »…

Apprenez l’allemand en musique.

Quatre langues – quatre histoires

Posted on July 28, 2011 by

Anne, Janet, David et Crisi, quatre membres de l’équipe Babbel, racontent pourquoi ils ont choisi d’apprendre respectivement le turc, le néerlandais, le polonais et l’indonésien.

Anne et le turc

Ankara: on the road. Photo by Max PinucciMon enfance berlinoise a été marquée par un grand mystère : dans la cour de notre immeuble, les enfants n’arrêtaient pas de crier mon nom. Lorsque je leur demandais ce qu’ils me voulaient en criant depuis la fenêtre de notre appartement, ils me regardaient, perplexes, et criaient de plus belle dès que j’avais le dos tourné : “Ann-eh! Annnnnnn-eh!”

Anne (prononcé ann-é) signifie “maman” en turc. Si l’un des adultes de mon entourage avait parlé turc, il m’aurait épargné des semaines de casse-tête.

Près de 30 ans plus tard, j’apprends enfin le turc. Et après quelques semaines d’apprentissage seulement, Berlin et surtout le quartier de Kreuzberg – surnommé la petite Istanbul – m’apparaissaient sous un jour nouveau. Les magasins aux noms autrefois cryptiques se révèlent tout à coup être l’auto-école de l’étoile ou le café du port. Je peux désormais prononcer le nom de mes voisins et celui des délicieuses pâtisseries turques dont je suis friande.

Dans les parcs ou le métro : j’ouvre grand les oreilles. Prêter ainsi attention aux conversations qui m’entourent, pour déceler si elles sont en truc ou non, a totalement changé ma perception de la ville. Et il m’arrive même parfois d’en comprendre des bribes.

“Pourquoi le turc ?”, me demande-t-on ? Le turc satisfait haut la main mes trois principaux critères pour apprendre une langue : de la bonne musique, de la bonne bouffe et une grammaire amusante.

Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir commencé il y a 30 ans. Alors la question n’est pas “Pourquoi le turc ?” mais : “Pourquoi avoir attendu si longtemps ?”.

Originaire de Berlin, Anne dirige notre équipe d’assistance et apprend le turc avec Babbel.

Janet et le néerlandais

Dutch pride contributeLe néerlandais n’est certainement pas la plus sexy des langues. Pourtant, si j’ai choisi le néerlandais, c’est bien par amour : mon mari est originaire de Zélande, une province au sud du Pays-Bas. Et plus j’apprends la langue, plus je lui trouve du charme…

La grammaire néerlandaise est moins terrible que la grammaire allemande et l’orthographe est bien plus logique qu’en anglais. On entend parfois dire que le néerlandais n’est pas une langue mais une maladie de la gorge. Ce quolibet qui vient du fait que le néerlandais se prononce depuis le fond de la gorge ce qui pose problème à la plupart des autres européens. Une astuce toute simple est de relâcher les muscles articulatoires et de laisser pendre la mâchoire – et voilà comment la prononciation néerlandaise devient un véritable exercice de relaxation.

D’accord, c’est plus facile à dire qu’à faire. Les 13 voyelles et 4 diphtongues ne poseront pas trop de problèmes aux Suisses, aux Norvégiens ou à ceux qui maîtrisent l’hébreu – mais ma langue maternelle étant l’anglais, la prononciation me donne encore et toujours du fil à retordre, en particulier pour articuler “Scheveningen”, une station balnéaire où nous nous rendons souvent ou, encore plus gênant, pour prononcer le prénom même de mon bien-aimé.

Heureusement, les néerlandais se montrent très compréhensifs et ne me tiennent pas rigueur de ce massacre de leur langue. Bedankt !

Originaire de Tasmanie, une île Australienne, Janet crée des cours d’anglais et apprend le néerlandais avec Babbel.

David et le polonais

Warsaw. Photo by UggBoy♥UggGirlCette langue est complètement folle. Toutes ces lettres bizarres ! Et comment prononce-t-on “Wszystkiego najlepszego!” s’il-vous-plait ? Je n’aurais jamais imaginé entrer un jour en contact avec cette langue. Pour moi, l’italien, le français ou même le japonais étaient plus importants mais je remercie aujourd’hui le destin d’avoir mis le polonais sur ma route.

Lorsque j’ai effectué une année d’échange dans la ville allemande de Francfort sur l’Oder, c’était surtout pour améliorer mon allemand. Mais la ville est située à la frontière avec la Pologne et il était de bon ton d’apprendre quelques mots de polonais – d’autant plus que l’université proposait des cours. J’ai beaucoup hésité : n’était-ce pas trop compliqué ? Est-ce que je pouvais y arriver ? Mais j’avais assez de temps et j’arriverai certainement à avoir la moyenne.

C’est ainsi que je me suis inscrit pour un cours débutant de polonais. Finalement, la prononciation n’était pas si compliquée que ça. J’ai découvert que le polonais était assez proche du russe mais avec l’alphabet latin. Une langue slave qui utilise notre alphabet : j’ai trouvé ça intéressant.

En plus, les polonais sont des gens extrêmement sympathiques qui sont toujours prêts à vous aider. Le pays est magnifique et la culture fantastique.

Après un an et demi, j’ai envie de poursuivre l’apprentissage car cette langue me permet de mieux connaître la société passionnante que forment la Pologne et son peuple.

Originaire de Bogotá, en Colombie, David a obtenu la note de 20/20 pour ses deux semestres de polonais. Il crée des cours d’espagnol et apprend le polonais avec Babbel.

Crisi et l’indonésien

South Sulawesi. Photo by zhaffskyJ’adore apprendre beaucoup de langues “juste un peu”… en particulier les langues exotiques et compliquées comme le thaï ou l’arabe.

Évidemment, ce sont des langues qui nécessitent qu’on investisse beaucoup de temps et d’énergie. L’indonésien fait ici figure d’exception. C’est, en ce moment, ma langue préférée car :

  • elle est parlée dans plusieurs pays tropicaux dans lesquels j’aimerai voyager :
    • l’Indonésie comprend plus de 17500 îles pour une superficie de 1912988 km2, auxquels s’ajoutent la Malaisie et Singapour
    • une culture passionnante, parfois très ancienne – avec par exemple le temple de Borobudur sur Java ou Georgetown en Malaisie,
    • une flore et une faune exceptionnelles – la jungle, les volcans, les lacs, les tigres, les orangs-outans, les rhinocéros de Sumatra hélas en voie d’extinction.
  • C’est une des langues les plus simples que l’on puisse apprendre :
    • elle s’écrit avec l’alphabet latin – pas besoin d’appendre des caractères compliqués
    • la grammaire est extrêmement facile
  • Elle est plus répandue qu’on le croit :
    • l’indonésien est parlé par 162 millions de personnes
    • le malaisien est presque identique ce qui représente 12 millions de locuteurs supplémentaires
    • auxquels s’ajoute entre 12 et 16% de la population de Singapour
    • pratique ! Avec l’indonésien on peut vraiment voir du pays.
  • Cette langue est tout simplement drôle et intéressante
    • hati hati = attention, trotoar= trottoir !
    • décrypter les mots composés réveillera votre âme de poète :
    • mata hari = œil + jour = Œil du jour = Soleil (et bien sûr aussi Mata Hari)
    • orang utan = être humain + forêt
  • Je suis une adepte des choses bien structurées ! Comme vous avez pu le deviner en lisant mon post ;).

Crisi vit à Berlin, travaille dans le domaine du marketing et apprend le portugais et l’indonésien avec Babbel.

Lire cet article en : Allemand (Deutsch), Anglais (English), Espagnol (Español)

Les astuces d’Anne pour apprendre une langue

Posted on May 30, 2011 by

AnneAnne Matthies dirige l’équipe d’assistance Babbel. Elle est accro à l’apprentissage autodidacte des langues depuis 1997 et a ainsi atteint un niveau avancé en italien, anglais, français, russe et chinois. Elle livre ici onze astuces qui l’ont particulièrement aidée dans l’apprentissage de ces langues.


1. Faites un plan et digressez

“Moi pas comprendre”, tout le monde comprend ! Si elles suffisent pour les vacances, les répliques de ce genre sont en revanche franchement gênantes dans une réunion professionnelle. Alors, clarifiez vos intentions : vous avez besoin d’une langue étrangère pour le travail ou pour les vacances ? Vous apprenez pour fanfaronner, faire quelque chose de nouveau ou pour vous changer les idées ? Fixez-vous des objectifs. Élaborez un plan pour déterminer combien de temps vous souhaitez consacrer à votre nouvelle langue et quelles sont les étapes à considérer.

Ne suivez pas votre plan.

Vous avez aujourd’hui une envie irrépressible d’apprendre le passé du subjonctif ou les signes astrologiques dont vous n’en avez absolument pas besoin ? Allez-y, digressez ! Et savourez cette parenthèse ! Quittez le nid ! Votre plan est une béquille à utiliser quand vous avez les ailes coupées. Vous en avez uniquement besoin lorsque vous n’avez rien de mieux à apprendre. Alors, modifiez votre plan aussi souvent que vous le voulez.


2. Prenez votre temps (si vous en avez) avant de passer à l’oral

Si vous n’êtes pas pressé par le temps, ne parlez dans la nouvelle langue que lorsque vous en avez envie. Si vous n’en êtes pas encore là, contentez-vous d’écouter. A un moment ou à un autre, les mots jailliront de votre bouche et vous ne pourrez plus vous empêcher de prononcer ces sons bizarres.

Lorsqu’un mot naît en vous, sans aucune pression de l’extérieur, c’est que vous l’avez vraiment assimilé. Je n’oublierai jamais comment j’ai soudain commencé à parler chinois dans la baignoire après des mois à simplement écouter. Il serait dommage de rater ce moment unique en vous mettant vous-même trop de pression.!


3. Votre type d’apprentissage… change tout le temps

On parle souvent de différents types d’apprentissage : auditif, visuel etc. Vous êtes parfois l’un, parfois l’autre. Votre type d’apprentissage dépend de votre humeur. Écoutez votre intuition pour déterminer ce qui vous convient le mieux au moment donné. Parfois, vous souhaitez simplement fermer les yeux et écouter. Ou les mots et images vous sautent littéralement aux yeux. Un autre jour, vous êtes plutôt d’humeur à dessiner, parler, écrire ou chanter. Et parfois, vous avez envie de tout à la fois.


4. Dès le début, apprenez des expressions

Les expressions et tournures idiomatiques c’est comme la cerise sur le gâteau. Dès le début de votre apprentissage, sélectionnez des expressions qui vous amusent. Imaginez-vous “laid back”, “down to earth, “rester sur le tapis” en sens propre. En règle générale, les traductions mots à mots ne riment à rien – mais qu’est-ce qu’elles sont drôles. Les Allemands disent l’équivalent de “il est froid” pour “il fait froid”. Rigolez, racontez ça à vos amis. Ces expressions vous permettent de ressentir la langue, elles vous apportent énormément au niveau linguistique… et vous mettent de bonne humeur.


5. Soyez vous-même

Ne limitez pas l’apprentissage à des situations toutes faites. De quoi parlez-vous dans votre langue maternelle ? Quels sont les sujets qui vous intéressent ? Et ceux qui vous mettent hors de vous ? Il est beaucoup plus facile d’exprimer quelque chose dans une langue étrangère quand vous avez vraiment envie de le dire.


6. Ne restez pas collé à votre ordinateur

Les fiches de vocabulaire et le gestionnaire de révision sont super. Mais pensez aussi à éteindre votre ordinateur et essayez de vous souvenir de ce que vous avez appris. Imaginez vos propres moyens mnémotechniques. Laissez-vous du temps. Parfois, un mot a besoin de quelques minutes pour se décoller du “bout de votre langue”. Vous verrez : ce que vous parvenez à extirper par vous même de votre cerveau y reste gravé pour une éternité (ou presque).


7. Ne restez pas enfermé

Si vous apprenez toujours les mêmes mots, assis sur le même fauteuil il y a de grandes chances pour que vous soyez incapable de les répéter à l’air libre. Amenez votre langue étrangère partout avec vous, dans votre tête. Au restaurant, imaginez comment passer votre commande dans votre nouvelle langue. Lorsque vous prenez le bus, représentez-vous à l’étranger et sans ticket, obligé de vous justifier auprès du contrôleur.


8. Chantez !

Les chansons pop sont le meilleur moyen d’apprendre la grammaire. Choisissez quelques titres dans votre langue d’apprentissage. Écoutez et chantez, avec ou sans écouteurs, sous la douche, dans la voiture et sur votre vélo.


9. Mettez en scène votre propre bain linguistique

Vous apprenez l’italien ? Organisez-vous une journée italienne ! Écoutez la radio italienne, regardez un film italien, cuisinez italien, lisez un journal italien et cherchez votre nouveau vocabulaire sur google.it. Ne vous inquiétez pas si vous ne comprenez pas grand chose. Collez des post-its avec les dénominations en italien sur les objets de votre appartement, parlez avec vous-même et donnez-vous des ordres en italien.


10. Osez faire des erreurs !

L’ennemi de la langue étrangère, c’est le perfectionnisme précoce. N’ayez pas peur de faire des erreurs, jetez-vous à l’eau et écrivez, chantez, bavardez. La meilleure solution pour assimiler une expression, c’est de l’utiliser. Qu’au début vous ne l’utilisiez pas correctement n’a aucune importance. Vous apprendrez énormément de vos erreurs, il vous suffit d’oser les faire.

Si vous avez du mal à vous lancer, pensez seulement à quel point un accent, une petite erreur d’article ou de grammaire peuvent être charmants chez les autres. Et vous verrez la déception de vos interlocuteurs étrangers quand vous finirez par perdre votre accent si ‘frenchy’.


11. N’abandonnez pas

Apprendre une nouvelle langue semble parfois tenir du pur masochisme. Sitôt appris, sitôt oublié ! Et ça fait maintenant des jours que vous n’avez rien fait ! Vous étiez tellement fier de tout ce que vous aviez appris et maintenant vous n’en comprenez plus un traître mot.

Ca fait partie du jeu et c’est tout à fait normal. Ne vous laissez pas abattre. Plaignez-vous, lamentez-vous, maudissez votre nouvelle langue. Mais n’arrêtez pas. Une fois le cap passé, vous allez de nouveau rire, papoter et vous réjouir. Une nouvelle langue est un nouveau monde. Partez à sa conquête !


Et vous ? Quelles sont vos astuces pour apprendre ? Participez à notre sondage sur les astuces d’apprentissage. Remplir le questionnaire

Lisez l’article original en allemand