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Un entretien avec Geoff Stead, le nouveau vice-président exécutif du département Didactique de Babbel

Posted on mai 3, 2018 by

Geoff Stead

Une excellente nouvelle chez Babbel : Geoff Stead a récemment pris les fonctions de vice-président du département Didactique. Il dirige maintenant l’équipe de spécialistes chargés de créer et d’optimiser le contenu des cours de Babbel.

La réputation de Geoff pour son utilisation des technologies mobiles et autres nouvelles technologies dans le but d’améliorer l’apprentissage, la communication et la collaboration le précède. Dans le cadre de ses précédentes fonctions au Royaume-Uni et aux États-Unis, il a dirigé des équipes responsables de développer des produits d’apprentissage numériques innovants. Reconnu comme un expert dans le domaine, il est souvent invité dans des conférences afin de présenter les nouvelles tendances en matière de technologie éducative. Geoff a pris le temps de répondre à quelques questions sur son expérience dans ce secteur et sur la philosophie qui a guidé sa carrière jusqu’ici.

 

ZS : Entrons directement dans le vif du sujet : pourquoi souhaitiez-vous diriger le département de Didactique chez Babbel ?

GS : Une des raisons pour lesquelles j’aime l’EdTech, la technologie éducative, c’est l’impact qu’elle peut avoir. Créer un excellent outil d’apprentissage numérique est loin d’être facile, mais lorsqu’on y arrive, on peut le proposer à un nombre illimité d’apprenants partout dans le monde et toucher un grand public. Babbel possède déjà plus d’un million d’abonnés, tous motivés pour améliorer leurs compétences linguistiques. Afin de perfectionner et de développer toujours plus ce que Babbel a mis en place, nous devons d’abord continuer à apprendre de nos abonnés.

ZS : À ce propos, à part les personnes désireuses d’apprendre une langue, pour quel public avez-vous développé vos outils et solutions d’apprentissage?

GS : Durant ma période de formation, très tôt, j’ai travaillé avec des apprenants que le système scolaire traditionnel avait négligés ou laissé tomber. Au cours de ces années, j’ai dirigé des projets destinés à promouvoir l’alphabétisation et l’acquisition des compétences de base (lire, écrire et calculer) chez les adultes en intégrant la technologie à l’apprentissage en face à face. J’ai travaillé avec toutes sortes d’apprenants : des délinquants très jeunes et moins jeunes, des réfugiés, et beaucoup d’autres groupes qui apprenaient en dehors des cadres traditionnels et établissements classiques.

Ce qui est très stimulant dans le fait de développer des outils pour ces groupes, c’est qu’on n’est pas limité par une pratique dans une salle de classe traditionnelle et un programme imposé de l’extérieur. On peut donc se concentrer entièrement sur le caractère percutant des résultats que l’on souhaite obtenir, et utiliser la technologie là où l’impact est le plus fort. Cela revient à aider les apprenants et les professeurs à utiliser la technologie comme un outil d’apprentissage, plutôt que de recourir à un mécanisme de prestation de cours. C’est une différence essentielle, qui a profondément marqué ma manière de penser et façonné ma réflexion professionnelle.

Plus récemment, j’ai travaillé sur beaucoup de projets qui recouraient à la technologie mobile pour aider des organisations plus grandes à trouver leur dynamique d’innovation. Il me semble que le thème récurrent qui est ressorti de ces expériences diverses est que l’apprentissage numérique personnalisé entraîne la responsabilisation et l’autonomie personnelle.

ZS : Pourriez-vous me parler un peu de certains projets novateurs sur lesquels vous avez travaillé ? Comment ont-ils influencé vos idées par rapport aux possibilités multiples qu’offre la technologie éducative?

GS : J’ai eu la chance de décrocher des emplois de rêve, à la fois en Europe et en Californie, où j’ai pu constituer des équipes d’innovation qui s’attachaient à repousser les frontières de ce qu’il est possible de faire avec l’apprentissage numérique. Nous avons donc exploré des choses comme la réalité augmentée ou la réalité virtuelle, les simulateurs vocaux (dialogues), l’apprentissage par le jeu (gamification), les systèmes IA pour noter de longs textes écrits, ainsi que tout un tas d’autres applications mobiles passionnantes.

Dans le cadre d’un projet original dont je suis vraiment fier, nous avons créé une peinture murale gigantesque, lorsque je travaillais pour l’entreprise de télécommunications Qualcomm à San Diego. C’était alors la plus grande œuvre de réalité augmentée (RA) du monde. Au cours du processus, nous avons beaucoup appris au niveau technique, puisqu’à la différence de la plupart des sortes de RA que vous avez pu voir, une peinture murale est bien plus grande que le champ de vision de la caméra. C’est également un excellent moyen de démontrer à quel point les utilisateurs de services mobiles peuvent eux-mêmes être mobiles, et devraient l’être. Les applications peuvent être tellement plus que de simples versions miniatures de ce qui se passe sur un PC !

Une application récente qui sort du lot et dont on devient facilement accro est Quiz Your English. Elle a été développée lorsque j’étais à Cambridge English. Nous l’avons lancée principalement pour maîtriser l’art de la motivation stimulée par les pairs, ce qui, dans ce cas, revenait à entrer en compétition avec des amis. Nous avons élaboré plusieurs versions, en affinant à chaque fois les manières d’inciter un apprenant à passer plus de temps à jouer… et ça a marché ! Le tableau de classement mensuel fournit des statistiques d’utilisation délirantes : ainsi, par exemple, des utilisateurs jouent à plus de 10 000 jeux !

ZS : Si vous revenez sur la carrière que vous avez effectuée jusqu’à présent, avez-vous fait des erreurs particulières ou émis des hypothèses sur la technologie éducative qui se sont plus tard révélées fausses ? Comment avez-vous rectifié le tir et quel effet cela a-t-il eu ?

GS : Haha, le mot « erreur » est un terme tellement défaitiste ! Je passe mon temps à faire des erreurs, c’est la vie… Ce qui compte, c’est de réaliser que tous les autres font la même chose, qu’ils l’admettent ou non, et que le secret est de voir ses erreurs comme des opportunités d’apprendre et de s’améliorer.

C’est précisément pour cela que la plupart des projets sur lesquels j’ai travaillé ont eu recours à une approche agile et itérative. Cette méthode implique d’accepter que l’on n’a pas toutes les réponses à l’avance. Elle consiste à avancer pas à pas, prudemment, et permet de rectifier le tir en cas d’erreur – ce qui est inévitable.

ZS : Pouvez-vous citer certains principes fondamentaux utiles pour concevoir des applications et d’autres outils d’apprentissage et que vous avez appliqués avec succès au cours de votre carrière ?

GS : Le premier, c’est : toujours écouter vos apprenants. C’est la seule façon de vous assurer que vous adaptez la conception de votre apprentissage à leurs besoins et priorités. Le second consiste à réaliser que c’est grâce à la collaboration que la magie peut s’opérer. J’ai découvert que les meilleurs résultats professionnels surviennent lorsque l’on mélange des éducateurs, des concepteurs, des développeurs et des apprenants. La créativité advient en mêlant différentes disciplines et en tirant continuellement des leçons de ses expériences et des commentaires reçus.

Pour finir, les meilleures expériences d’apprentissage sont celles où les apprenants font quelque chose, et pas lorsqu’ils sont trop passifs. La meilleure EdTech vise la responsabilisation, et non pas la distribution de contenu. La vision de Babbel dans la conception et l’élaboration de notre produit illustre bien cela. Nous ne voulons pas que les apprenants gardent pour eux les compétences qu’ils ont acquises. Nous souhaitons les inciter à aller dans le vaste monde et à parler aux gens, afin d’approfondir et d’élargir les compétences qu’ils ont acquises avec nous en les utilisant dans des expériences de vie réelles.

ZS : À ce propos, j’ai une dernière question : quelles sont les technologies émergentes ou approches pédagogiques qui vous paraissent les plus importantes pour le futur, dans le domaine de l’apprentissage des langues ?

GS : C’est facile ! L’apprentissage des langues consiste en partie à acquérir des compétences de base essentielles. Mais il s’agit aussi, et même encore davantage, de prendre confiance en s’immergeant dans une nouvelle langue et une nouvelle culture, et d’interagir avec d’autres personnes. Dans le domaine de la technologie, les nouveaux concepts en vogue qui s’avèrent être les plus intéressants portent là-dessus. Parmi ceux-ci figurent la reconnaissance vocale et la génération de dialogue, toutes deux excellentes pour pratiquer et améliorer les compétences en communication. Une autre formidable possibilité est la réalité virtuelle et la vidéo 360, qui permet aux apprenants de s’immerger dans une nouvelle culture et un nouveau milieu. Et il y a encore pleins d’autres choses passionnantes à venir…

ZS : Merci d’avoir partager tout cela avec avec nous, Geoff, et bienvenue à Babbel !

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