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Madame LE Ministre ou Madame LA Ministre ? La féminisation des noms de métiers à travers les langues

Posted on March 5, 2015 by

Féminisation des noms de métiers

À l’occasion de la journée internationale des femmes, Babbel se penche sur la question de la féminisation des noms de métiers et des fonctions à travers les langues étrangères. Petit à petit, les femmes rejoignent des postes qui leur étaient autrefois difficiles d’accès. Faute de femmes occupant les plus hautes fonctions de l’État dans le passé, de nombreuses langues ne possédaient pas de version féminine de certains titres. Comment les langues s’adaptent-elles face à cette nouvelle réalité ? Découvrez notre panorama des différentes pratiques linguistiques.

« Madame LE Ministre et Madame LE Député sont enceintes »

En français et en italien, le neutre n’existant pas, c’est le déterminant masculin qui marque le mot ministre, c’est la fonction en général qui est désignée, et non l’ individu.

En France, malgré plusieurs précédents de ministres ayant demandé à féminiser leur titre, la forme préconisée pour Mesdames les Ministres par l’Académie Française demeure donc « Madame LE Ministre » et non « Madame LA Ministre ».

Il en va de même pour l’Italie : ni le ministre, le député, le médecin ou même l’avocat n’ont de formes féminines acceptées. Cela a d’ailleurs amusé les Italiens lorsqu’ils ont récemment pu lire dans les médias : « Il ministro è incinta » (Le Ministre est enceinte). Statu quo donc pour ces langues latines ? En Italie et en France peut-être, mais la position est loin de faire consensus : d’autres régions francophones ont choisi de féminiser tous les titres. C’est par exemple le cas du Québec qui a lancé un grand mouvement de féminisation depuis 1979. Eh oui, au Québec on dit bien « Madame la Première Ministre » !

L’allemand et l’espagnol : une tendance générale à la féminisation de tous les titres

Certaines langues ont cessé de tergiverser. Si une femme exerce une fonction, alors il est bien naturel que son titre soit féminisé. C’est le cas de l’espagnol, qui remplace partout la terminaison masculine en « o » (el ministro = le Ministre) par « a » (la ministra = la Ministre). Il en va de même pour l’allemand, qui rajoute simplement la terminaison « in » à tous les titres attribués aux femmes (der Minister = le Ministre / die Ministerin = la Ministre).

L’anglais et le suédois : la facilité du neutre

L’anglais a recours à l’article neutre « the » pour désigner la plupart des objets et des titres ou fonctions. Que le ministre soit un homme ou une femme importe donc peu aux anglophones : il sera appelé « the minister » quel que soit son genre. Il en va de même pour le suédois, dont l’approche est quelque peu différente…

Plus radical encore, pour se débarrasser à tout jamais des difficultés du genre, le suédois a créé un genre hybride : « utrum » qui est le résultat d’un mélange du féminin et du masculin. Cette tendance à la neutralisation du genre est également appliquée aux titres et aux fonctions, détachant ainsi toute fonction du genre de celui qui l’occupe.

Féminisation, neutralisation ou statu quo, à chaque langue ses solutions.

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